Politique de la ville

Monsieur Arezki Boutaous, d’adulte-relais à gardien d’immeuble pour le bailleur Promocil

 
 
Monsieur Arezki Boutaous, d’adulte-relais à gardien d’immeuble pour le bailleur Promocil

Adulte-relais depuis 2015, Arezki Boutaous a été recruté en CDI comme gardien d’immeuble pour le bailleur Promocil. Le dispositif lui a servi de tremplin.

Le dispositif adulte-relais permet, en effet, à une structure, association ou collectivité territoriale, d’embaucher un médiateur grâce à un financement du poste par l’État à hauteur de 95 % du SMIC brut. Créé en 1999, il vise à concourir au maintien du lien social, renforcer la vie associative de proximité et développer la capacité d’initiative dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). En tant que contrat aidé, il poursuit également l’objectif de favoriser le retour à l’emploi du public cible : des personnes de plus de 30 ans, sans emploi et résidant en QPV. Une fois engagées, ces personnes doivent, durant leur contrat, pouvoir suivre une formation diplômante dans le champ de la médiation sociale ou dans d’autres secteurs. Tout doit être fait pour leur permettre de construire ou consolider leur parcours professionnel.

Bonjour Monsieur Boutaous, pourriez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Arezki Boutaous, j’habite dans le quartier « Pré du Paradis » de Louvroil. Je suis gardien d’immeuble, en CDI, pour le bailleur Promocil.

Pouvez-vous nous détailler votre parcours ?

En 2015, j’ai été embauché en tant que médiateur pour le bailleur grâce au dispositif « adulte-relais » dans mon quartier. Ma mission consistait à créer du lien avec les populations, faciliter le lien intergénérationnel, régler des conflits de voisinage, informer les habitants dans leurs démarches administratives et, surtout, m’occuper des jeunes.

Pouvez-vous préciser ce que vous entendez par « s’occuper des jeunes » ?

Le quartier « Pré du Paradis » est riche d’une population jeune. Avec « Promocil », nous voulions les aider en les faisant sortir du quartier par exemple. Ainsi, nous avons organisé des voyages pour qu’ils voient d’autres choses. Par exemple, nous sommes partis au Maroc et plus précisément à Marrakech dans le cadre d’une mission humanitaire. Les jeunes ont reconstruit une école. C’était exceptionnel car certains n’étaient jamais sortis de leur quartier. Nous avons également réalisé avec les jeunes des travaux dans des bâtiments dans le cadre de chantiers.

Quel est pour vous le résultat de ces actions ?

Les relations avec les jeunes se sont améliorées. Nous avions, avant cela, deux entrées qui posaient problème. Depuis, dans l’une d’entre elle, il n’y a plus de squat. Les travaux réalisés par les jeunes n’ont depuis pas été dégradés.

C’est vraiment un travail de long terme. Il faut créer de la confiance avec ces jeunes et être pragmatique.

Que vous a apporté ce poste de médiateur « adulte-relais » ?

Ce dispositif, associé à la volonté de « Promocil », m’a d’abord permis d’avoir un travail. Ensuite, comme les résultats étaient probants, mon employeur a renouvelé la convention initiale de 3 ans pour 3 nouvelles années. Entre-temps, « Promocil » m’a payé une formation de gardien d’immeuble. J’en ai suivi tous les modules et ai ainsi obtenu ma certification. À la suite de ce succès, mon employeur m’a embauché en CDI.

Cette expérience dans la médiation et mon diplôme me permettent aujourd’hui de mieux appréhender mon métier au quotidien dans le quartier.

Merci pour votre témoignage, Monsieur Boutaous.