Politique de la ville

Informer les acteurs de la politique de la ville - La mobilisation nationale pour les habitants des quartiers dans le Nord

 
 
Informer les acteurs de la politique de la ville - La mobilisation nationale pour les habitants des quartiers dans le Nord

Cet été, le ministre de la cohésion des territoires a présenté une série d’actions pour garantir aux habitants des quartiers en politique de la ville les même droits que les autres citoyens. Les services de l’État se mobilisent pour que ces mesures soient mises en œuvre dans notre département.

Ce plan d’action s’inscrit dans les orientations définies par le président de la République le 22 mai 2018 : garantir les même droits aux habitants des quartiers, favoriser l’émancipation et faire République. Vous pouvez le trouver ici : http://www.cohesion-territoires.gouv.fr/mobilisation-nationale-pour-les-habitants-des-quartiers  

Garantir les mêmes droits aux habitants

         

  •  la sécurité 

Lille a été choisie pour figurer parmi les 30 quartiers de reconquête républicaine qui seront créés en 2019. L’objectif est de remettre la République au cœur des quartiers. Cela implique un renforcement des moyens humains et matériels. Tour d’abord, 30 policiers supplémentaires seront affectés à Lille. L’objectif est d’instaurer une présence accrue de femmes et d’hommes en uniformes sur la voie publique. Par le renforcement des contrôles des halls d’immeubles, des marchés illégaux, des trafics divers, est engagée une véritable reconquête d’un espace public dont l’usage est aujourd’hui détourné.

Par ailleurs, les quartiers de reconquête républicaine auront plus de moyens matériels, notamment en matière numérique avec les smartphones et tablettes NEO, des outils qui permettent aux policiers de gagner du temps et ainsi d’être plus efficaces dans leur action sur le terrain. Ils seront aussi les premiers à bénéficier des caméras-piétons qui constitueront un outil précieux lors des contrôles d’identité, pour apaiser les liens police-population mais surtout pour permettre aux forces de sécurité de ne pas être mises injustement en cause.

L’objectif combiné des quartiers de reconquête républicaine et de la police de sécurité du quotidien est surtout de changer de méthode. Pour mener une action de fond dans ces quartiers, il importe de faire évoluer nos organisations, de dépasser des techniques de travail culturellement marquées par une logique de silos. Il s’agit de mettre en place un partenariat régulier avec tous les acteurs de terrain, bailleurs sociaux, chefs d’établissement scolaires, responsables des transports, acteurs associatifs, gardiens d’immeubles. C’est à cette échelle que l’on identifie bien les problèmes et que l’on agit plus efficacement.

L’effort sur les quartiers de reconquête républicaine n’est pas uniquement sécuritaire mais globale. Elle s’articule nécessairement avec les autres politiques publiques : dédoublement des classes dans les établissements en réseau d'éducation prioritaire REP+, mesures de développement de l’emploi et des formations plus professionnalisantes.

  •  la mixité sociale 

Une des mesures phares vise à favoriser la mixité sociale. Elle s’inscrit dans les réformes d’attributions de logements sociaux mises en œuvre dans les établissements publics de coopération intercommunales avec l’instauration d’une conférence intercommunale du logement. L’objectif est d’offrir aux habitants des quartiers un parcours logement vertueux et d’éviter de conforter les quartiers comme zone de relégation des personnes les plus en difficulté.

Les conventions intercommunales d’équilibre territorial figurent parmi les outils pour y parvenir. L’objectif est d’aboutir, pour la première fois, à une véritable politique intercommunale d’attributions. Cela implique évidemment de proposer des logements locatifs sociaux sur tout le territoire intercommunal, y compris dans les communes qui ne disposent pas de quartiers prioritaires de la politique de la ville. Les services de l’Etat, la direction départementale des territoires et de la mer, sont aux côtés des collectivités territoriales pour y parvenir. La métropole européenne de Lille ou la communauté d’agglomération de Valenciennes Métropole (CAVM) sont toutes deux bien avancées sur ces questions.

Ce travail fait l’objet d’une attention particulière dans les quartiers retenus au titre du nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU). Le préfet de région y est particulièrement attentif. Cela passe notamment par la reconstitution hors sites des logements locatifs sociaux démolis. Ce qui ne peut s’exonérer d’un accompagnement renforcé des habitants pour accepter et anticiper cette mobilité. Si celle-ci est souvent subie, elle doit justement permettre aux ménages de s’engager dans un parcours vertueux. Pour mettre en place cet accompagnement, les bailleurs disposent d’un forfait relogement financé par l’Agence nationale de renouvellement urbain (ANRU) dans le cadre des projets NPNRU.

Le renouvellement urbain est en tout cas une priorité dans notre département. Les services de l’Etat accompagnent les projets et veillent à ce qu’ils soient validés rapidement pour améliorer l’image des quartiers. L’objectif est, comme le prévoit le plan d’action, de mettre en œuvre rapidement les opérations prévues pour transformer rapidement les quartiers.

Plusieurs projets comme celui de la MEL, de la CAVM, de la communauté d’agglomération de la Porte du Hainaut (CAPH) ou de la communauté urbaine de Dunkerque (CUD) sont en voie de finalisation de la phase de préfiguration et s’engagent dans le processus de contractualisation pour signer les conventions en 2019.

Favoriser l’émancipation

               

  •  éducation et petite enfance 

Le plan de mobilisation prévoit le dédoublement de toutes les classes de CP et CE1 dans les zones d’éducation prioritaire. Dans le département du Nord, l’État s’est fortement investi pour y parvenir. La dotation politique de la ville (DPV) a ainsi été fortement mobilisée.

Le stage de 3ème est le premier défi pour l’égalité des chances. Pour cette raison, le président de la République s’est engagé à ce que 30 000 stages soient proposés aux élèves de troisième issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), cet objectif étant porté à parts égales par le secteur public et le secteur privé. Dans le département du Nord, 1250 stages doivent être mobilisés par les services de l’Etat et les services du secteur public hospitalier. Pour y parvenir, une grande campagne de mobilisation est en cours, pilotée par le cabinet du préfet délégué pour l’égalité des chances. Les offres sont mises en ligne sur le site www.monstagedetroisieme.fr . Tous les services déconcentrés de l’Etat et les établissements publics sont mis à contribution pour identifier des terrains de stage dans leurs services. Les partenaires incontournables de l’action de l’Etat sur le territoire, comme la Caisse d’allocations familiales ou Pôle Emploi sont évidemment sollicités. Au total, 70 institutions sont aujourd’hui impliquées. La préfecture du Nord s’est déjà engagée à accueillir en stage 214 élèves. Le préfet de région souhaite qu’un élève l’accompagne une semaine pour découvrir l’ensemble de ses missions et de ses responsabilités.

  •  emploi et insertion professionnelle 

Un autre axe prioritaire concerne le développement des emplois francs. Dans le département, la MEL a été choisie comme territoire expérimental. Au regard de la situation de l’emploi, l’Etat local ne pouvait que se mobiliser pour accompagner étroitement la mise en œuvre de cette mesure. En effet, au 3ème trimestre 2017, la zone d’emploi Roubaix-Tourcoing avait un taux de chômage de 14,1 % et celle de Lille 10,1 % contre 12,6 % pour le Nord et 9,4 % pour l’ensemble du territoire national. Le 11 décembre dernier, le préfet délégué pour l’égalité des chances était convié pour la signature du 1000ème contrat .

La charte « Entreprise et quartiers » est également un outil pertinent. Initiée en 2013 par le ministère de la ville, il s’agit d’une approche originale de collaboration entre les entreprises et les acteurs de la politique de la ville. Elle vise très concrètement à valoriser l’implication des entreprises dans le développement économique et social des quartiers prioritaires de la politique de la ville. De manière très opérationnelle, les entreprises s’engagent sur le déploiement d’actions concrètes à destination des habitants des quartiers prioritaires sur cinq axes : éducation, emploi et insertion, développement économique, soutien aux initiatives locales et mécénat, développement de la RSE. A ce jour, 78 entreprises sont signataires de la charte à l’échelle départementale.

Faire République

              

  •  soutien aux acteurs de terrain 

Dans les quartiers en politique de la ville, la médiation est un outil essentiel pour enrichir ou préserver le lien social. Le plan d’action prévoit la création de 1 000 postes d’adultes-relais supplémentaires.

Ces contrats aidés visent spécifiquement à concourir au lien social, renforcer la vie associative de proximité et développer la capacité d’initiative dans les quartiers prioritaires. Les bénéficiaires de ce dispositif sont des « médiateurs » dont les missions visent à informer et accompagner les habitants, améliorer leurs relations avec les services publics et les rapports sociaux dans les espaces publics ou collectifs de ces quartiers. Le Nord dispose de 343 postes adultes-relais, et est le département qui en a le plus. Pour chaque poste, l’État finance à hauteur de 19 349 € par an pour un poste à temps plein soit près de 80 %.

En contrepartie, l’employeur a l’obligation de former l’adulte-relais, formations de prise de poste lors d’un premier recrutement et toute formation diplômante dans le champ de la médiation sociale ou dans d’autres secteurs. Il s’engage également à faciliter le parcours professionnel de l’adulte-relais (accès à la VAE, au bilan de compétences, appui à la recherche d’emploi) pour aider à sa mobilité.

  •  engagement 

Former 20 000 acteurs de terrain par an aux valeurs de la République et à la laïcité est un engagement fort du président de la République. Sur les 24 000 personnes déjà formées en deux ans et demi, 97 % d’entre elles estiment que la formation leur a été bénéfique dans leur activité professionnelle.

Est également prévu le développement du service civique à destination des jeunes : d’ici 2022, le nombre de jeunes en service civique progressera de 50 % pour concerner 25 000 jeunes des quartiers chaque année.

  •  culture 

Un des moyens pour favoriser l’accès à la culture des habitants des quartiers en politique de la ville est de déployer le dispositif des micro-folies sur tout le territoire national. Ce dispositif existe déjà dans le département : à Denain et à Lille. L’objectif est de diffuser des contenus culturels des établissements nationaux culturels partenaires, à favoriser la création et à animer les territoires pour créer de nouveaux lieux de vie populaires.

Ces espaces permettent à la fois de parcourir les collections numériques des grands musées nationaux à l’aide d’écrans connectés et de dispositifs de médiation, d’accueillir des spectacles de toutes formes, de favoriser les échanges entre artistes, associations locales, médiateurs, habitants.

En 2017, le projet micro-folie intégré à la maison folies de Moulins à Lille est financé à hauteur de 30 000 euros par l’État dans le cadre de la dotation politique de la ville, sur un coût total du projet de 95 000 euros. En 2017, 5 870 personnes ont fréquenté la Micro-Folie.

A Denain, le dispositif est installé à la médiathèque. Différents espaces ont ainsi été créés : le musée numérique (8 institutions ou musées nationaux peuvent être « visités » avec un accès à 250 œuvres), l’espace folie (avec des conférences, des programmations d'exposition et un espace scénique), le micro-labo (espace de création offert pour développer la créativité par soi-même grâce à des imprimantes 3D, scan and cut, machine à badges en accès libre). En 2017, l’État a financé 35 000 euros sur un montant total de 139 320 euros dans le cadre de la dotation politique de la ville.

  •  égalité hommes-femmes 

Enfin, il est essentiel d’agir concrètement afin de faire de l’égalité femmes-hommes dans les quartiers une réalité. Pour y parvenir, 3 axes seront déployés : la réappropriation de l’espace public, la levée des freins à l’emploi des femmes et la prise en compte de la dimension du genre dans les demandes de subventions au titre de la politique de la ville.

Plus d'informations

http://www.cohesion-territoires.gouv.fr/mobilisation-nationale-pour-les-habitants-des-quartiers