Sécheresse - Les mesures renforcées sur les bassins de l'Yser, de la Sambre et de la Scarpe

 
 
Sécheresse - Les mesures renforcées sur les bassins de l'Yser, de la Sambre et de la Scarpe

Le 8 juin 2020, le comité technique sécheresse réunissant la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREALdirection régionale de l'environnement de l'aménagement et du logement), Météo France, l’Office Français de la Biodiversité (OFB) du Nord et du Pas-de-Calais, les directions départementales des territoires et de la mer (DDTM) des deux départements, le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et l’Agence régionale de Santé (ARS), a porté sur les évolutions constatées depuis la fin mai.

A l’issue de la réunion du conseil départemental de l’Eau de ce lundi 15 juin et compte-tenu des dernières données relevées sur les différents bassins versants, Michel Lalande, préfet du Nord, a pris la décision de placer le bassin de l’Yser en alerte renforcée, les bassins de la Sambre et de la Scarpe amont en alerte. Le reste du département reste en vigilance jusqu’au 31 juillet 2020.

Dans ce contexte, chacun est invité à utiliser l’eau avec modération et à faire preuve de civisme.

2017, 2018 et 2019 : trois années de sécheresse à répétition

Ces trois dernières années, le département a été sujet à des périodes de sécheresse, 2019 étant la plus importante. En effet, celle-ci a été exceptionnelle autant par sa durée (d’avril 2019 jusqu’à janvier 2020) que par son intensité. Elle résultait du niveau bas des nappes dès la sortie de l’hiver, accentuée par une canicule record en juillet. Suite à cela, la situation sur le réseau superficiel s’était considérablement améliorée mais la recharge des nappes restait insuffisante, nécessitant le placement du département en vigilance à partir du 17 janvier jusqu’au 15 avril 2020.

Début 2020 : une recharge importante et tardive mais qui reste hétérogène et une situation qui se dégrade sur le superficiel depuis le début du printemps

Le mois de février 2020 particulièrement pluvieux a alors permis une recharge tardive mais suffisante des nappes sur une grande partie du territoire (exceptés sur les secteurs faisant état de très faibles niveaux en 2019). Pour autant, la situation était suffisamment stable pour permettre au département de sortir de la vigilance le 15 avril dernier, avec toutefois une surveillance soutenue de ces secteurs.

Depuis lors, les mois de mars et plus particulièrement d’avril, un temps chaud et sec avec des températures bien supérieures à la moyenne, et une faible pluviosité depuis le 15 mars ont provoqué une baisse généralisée des débits des cours d’eau. Couplé à cela, une inquiétude persistait quant à l’état des nappes phréatiques des secteurs pour lesquels la recharge n’avait pas été suffisante. Le département a alors été placé en vigilance sécheresse jusqu’au 30 juin, conjointement avec le Pas-de-Calais.

Le mois de mai : un mois exceptionnellement sec mettant en péril le milieu superficiel

L’absence quasi-totale de pluies durant le mois de mai a considérablement accentué la dégradation de l’état des cours d’eau. Les stations de la Sambre, de la Scarpe amont et de l’Yser ont franchi le seuil d’alerte renforcée, les autres stations ayant atteint le seuil de vigilance. Le cas de l’Yser est plus préoccupant encore avec des débits équivalents aux plus faibles enregistrés en 2019.

Le déconfinement et le retour progressif des activités économiques, couplés au climat particulièrement doux, ont engendré des pics dans la consommation qui, si cela perdurait, pourraient venir aggraver les secteurs présentant les nappes les plus fragiles. De fait, la vitesse de baisse de ces nappes alerte d’autant plus sur la précarité de la ressource.

Suite à la concertation de l’ensemble des acteurs lors d’une réunion technique le 8 juin dernier et à la consultation du conseil départemental de l’eau, ce lundi 15 juin, Michel Lalande, préfet du Nord a pris la décision de placer le bassin de l’Yser en alerte renforcée, les bassins de la Sambre et de la Scarpe amont en alerte, et de maintenir le reste du département en vigilance jusqu’au 31 juillet 2020.

En plus des restrictions que cela engendre sur certains bassins, et afin d’anticiper une dégradation supplémentaire des nappes, tous les usagers, qu’ils soient particuliers, professionnels, collectivités, agriculteurs sont invités à réduire leurs consommations d’eau et à éviter les utilisations qui ne sont pas indispensables, afin de permettre un rétablissement du milieu naturel à un état satisfaisant.

En cas d’aggravation des conditions, le préfet pourra être amené à placer davantage de bassin en restriction si besoin.

Exemples de mesures de restriction des usages de l’eau :

En situation d’alerte, parmi les mesures :

- Pour les particuliers et les collectivités, limiter l’arrosage des pelouses, des espaces verts ou des terrains de sport, restreindre le remplissage des piscines privées et interdire le lavage des voitures en dehors des centres spécialisés.

- Pour les industriels, tendre vers une réduction de consommation d’eau de l’ordre de 10 %.

- Pour les agriculteurs, une interdiction de l’irrigation des cultures les samedis et dimanches entre 10h00 et 18h00 et tous les jours aux mêmes heures en période de canicule de niveau orange ou rouge.

En situation d’alerte renforcée, parmi les mesures :

- Pour les particuliers et les collectivités, d’interdire l’arrosage des pelouses, des espaces verts ou des terrains de sport, et le remplissage des piscines familiales, et de limiter l’arrosage des jardins potagers.

- Pour les industriels, de tendre vers une réduction de consommation d’eau de l’ordre de 20 %.

- Pour les agriculteurs, une interdiction de l’irrigation des cultures les mardis, jeudis, samedis et dimanches entre 10h00 et 19h00, et tous les jours aux mêmes heures en période de canicule de niveau orange ou rouge.

- Une interdiction des nouveaux prélèvements dans les voies d’eau, sauf pour un usage agricole et dans certaines conditions, notamment une déclaration préalable est nécessaire.

En situation de vigilance, où l’état de la ressource est moins dégradé, la vigilance de tous reste nécessaire, pour une gestion économe de sa consommation en eau.

> Arrêté préfectoral sécheresse et annexes - format : PDF sauvegarder le fichiersauvegarder le fichier - 0,53 Mb