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Prévention - « Gare à la rage » : voyageurs, ne ramenez pas la rage dans vos bagages

 
Prévention - « Gare à la rage » : voyageurs, ne ramenez pas la rage dans vos bagages

Alors que la France est indemne de rage, des cas sont régulièrement détectés chez les animaux importés de pays où sévit la maladie. La contamination de l’homme se fait exclusivement par un animal au moyen de la salive par morsure, griffure, léchage sur peau excoriée ou sur muqueuse (œil, bouche). Elle débute 15 jours avant l’apparition des premiers symptômes de la maladie et jusqu’à la mort de l’animal. La rage ne se transmet pas d’homme à homme.

Recommandations importantes en cas de morsure

Tout chien ou chat ou autre carnivore ayant mordu ou griffé une personne, doit être présenté à un vétérinaire par son propriétaire dans les 24 heures suivant la blessure. L’animal fera obligatoirement l’objet d’une surveillance sanitaire par le vétérinaire pendant 15 jours.

En cas de morsure :
> il faut immédiatement nettoyer la plaie avec de l’eau et du savon, rincer abondamment et appliquer une solution antiseptique ;
> il est indispensable de consulter rapidement un médecin, qui pourra selon le contexte orienter la personne mordue vers un centre antirabique et effectuer une mise à jour de la vaccination antitétanique ;
> il ne faut pas manipuler les animaux sauvages ou errants surtout lorsqu’ils sont trouvés malades ou blessés
> il faut acheter tout animal de compagnie selon les circuits légaux afin d’éviter la réintroduction de la rage en France et limiter les risques pour soi-même ou les autres.

Questions / réponses :

Quelles sont les principales espèces susceptibles de transmettre la maladie à l'homme ?

Le principal réservoir de la maladie dans le monde est le chien. Dans les pays d’Europe, le vecteur principal était le renard. Mais la rage du renard a été éradiquée en France en 2001. La chauve-souris peut également être à la source de contaminations dans différentes régions du monde.

Quelle est la répartition géographique de la rage ?

La rage animale est une maladie mondiale, présente sur tous les continents (excepté en Antarctique) et principalement localisée en Amérique du Sud, en Asie et en Afrique.

En novembre 2001, la France est déclarée officiellement indemne de rage par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), le dernier cas de rage ayant été enregistré sur un renard en décembre 1998. Parmi les pays qui ont mis en œuvre des plans de vaccination orale des renards, la France est le seul pays qui ait obtenu un succès continu.

Ce succès s'explique :
- d'une part par la rigueur de l'évaluation technique et scientifique qui a accompagné les campagnes de vaccination,
- d'autre part par la rapidité d'intervention et d'adaptation du ministère de l'agriculture et de ses partenaires à des situations nouvelles.

Pourquoi « ramener des animaux au statut sanitaire incertain de pays étrangers » est dangereux ?

De telles importations illégales font peser un risque majeur sur la santé publique et sur la santé animale, alors que notre pays a consacré des moyens importants à l'élimination de la rage du renard pour pouvoir se déclarer indemne de cette maladie.

L'animal introduit frauduleusement peut être en incubation de rage entraînant alors des procédures sanitaires et administratives fastidieuses et contraignantes pour les personnes environnantes (la famille, les voisins, les amis) et leurs animaux de compagnie susceptibles d'avoir été en contact avec l'animal concerné (traitement antirabique vaccinal préventif des personnes, euthanasie des animaux).

Il peut aussi excréter du virus de la rage par la salive alors qu’il n’exprime pas encore de symptômes, ce qui accroît sa dangerosité potentielle.

La rage n'est pas une maladie du passé ; de nombreux pays en sont atteints (pays d'Afrique, d'Asie, d'Amérique latine, d'Amérique du Nord et d’Europe). La rage tue encore aujourd’hui jusqu’à 70.000 personnes par an dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), en majorité des enfants mordus par des chiens errants infectés dans les pays non indemnes.

Quelle est la réglementation au regard des carnivores domestiques ramenés de pays étrangers ?

Il est interdit de ramener des chiens, des chats ou des furets sur le territoire français excepté sous certaines conditions sanitaires : identification de l'animal, vaccination antirabique en cours de validité et, selon le pays de provenance, titrage sérique des anticorps antirabiques. Ces animaux doivent donc être accompagnés d'un certificat sanitaire établi par un vétérinaire officiel du pays de provenance.

Le non-respect de ces prescriptions réglementaires fait l'objet de peines d'amendes. Quand on veut voyager avec son animal dans un pays tiers infecté de rage, il convient de se renseigner sur les conditions et modalités sanitaires d'introduction ou d'importation d'animaux de compagnie en France auprès des autorités sanitaires françaises (ambassade de France, services vétérinaires départementaux, ministère de l'agriculture et de la pêche).

Conditions en vigueur :

Pour pouvoir être importés sur le territoire de l'Union européenne, les carnivores domestiques (chiens, chats et furets) devront satisfaire à des conditions sanitaires sévères :
- Identification (tatouage si effectué avant le 3 juillet 2011 ou puce électronique implantée sous la peau) ;
- Vaccination antirabique en cours de validité (primo-vaccination et rappels) ;
- Selon le pays de provenance, titrage sérique des anticorps antirabiques dans un laboratoire agréé par l'Union européenne réalisé au moins 3 mois avant l’arrivée dans l’Union européenne. Le résultat du titrage sérique devra être supérieur ou égal à 0,5UI/ml.

Comment obtenir la liste des laboratoires agréés par l’Union européenne pour faire les tests sérologiques ?

Cette liste des laboratoires agréés par l'Union européenne peut être consultée en cliquant ici.

Le prélèvement sanguin nécessaire au titrage sérique des anticorps antirabiques devra avoir été effectué au moins 3 mois avant l'importation, sur un animal identifié dont la vaccination antirabique est en cours de validité au moment de la prise de sang. Ce prélèvement sanguin doit avoir lieu au moins 30 jours après la vaccination.

Lorsqu’on voyage à partir de France vers un pays tiers, il est impératif de prendre contact avec le vétérinaire qui indiquera la conduite à suivre pour la vaccination et le test sérologique.

Quels sont les pays pour lesquels les animaux entrant sur le territoire européen sont dispensés du titrage sérique ?

Il s’agit des pays suivants :
- Andorre
- Suisse
- Islande
- Liechtenstein
- Monaco
- Norvège
- Saint-Martin
- Saint-Siège
- Île de l'Ascension
- Émirats arabes unis
- Antigua-et-Barbuda
- Antilles néerlandaises
- Argentine
- Australie
- Aruba
- Bosnie-et-Herzégovine
- Barbade
- Bahreïn
- Bermudes
- Belarus
- Canada
- Chili
- Fidji
- Îles Malouines
- Hong Kong
- Jamaïque
- Japon
- Saint-Christophe-et-Nevis
- Îles Caïmans
- Montserrat
- Maurice
- Mexique
- Malaisie
- Nouvelle-Calédonie
- Nouvelle-Zélande
- Polynésie française
- Sainte Lucie
- Saint-Pierre-et-Miquelon
- Fédération de Russie
- Singapour
- Sainte-Hélène
- Trinidad-et-Tobago
- Taiwan
- États-Unis d'Amérique (y compris Guam, Samoa américaines, Iles Mariannes du Nord, Porto-Rico et Iles vierges américaines)
- Saint-Vincent-et-les-Grenadines
- Îles Vierges britanniques
- Vanuatu
- Îles Wallis-et-Futuna
- Mayotte

Cette liste, établie par la Commission européenne, peut être modifiée.

Qui établit un certificat vétérinaire ?

Le vétérinaire officiel du pays tiers d'origine (modèle conforme aux dispositions de la décision n°2011/874/UE du 15 décembre 2011).

Ce certificat doit être accompagné des justificatifs relatifs à la vaccination et au titrage. Dans le cas d'une réintroduction sur le territoire de l'Union européenne, le certificat sanitaire peut être remplacé par le passeport de l'animal (dont le modèle est publié par une décision communautaire).

Que doivent faire les personnes résidant en France et souhaitant séjourner dans un pays tiers avec un carnivore domestique de compagnie (chien, chat ou furet) ?

Il est conseillé :
- de veiller à ne quitter le territoire de l’Union européenne qu'avec un animal identifié, valablement vacciné contre la rage et présentant un résultat favorable au titrage ;
- d'entreprendre les démarches, auprès du vétérinaire traitant, 4 mois avant le départ à l'étranger.

Des conditions supplémentaires existent pour l'introduction des animaux au Royaume-Uni, Irlande et Suède. En cas d'importation d'animaux à destination de ces pays, il convient de se rapprocher de l'Ambassade de ces pays dans le pays tiers de résidence.

Que faire devant un animal suspect de rage ?

Un animal domestique peut être suspecté de rage lorsqu’il exprime des symptômes (notamment des troubles nerveux ) qui ne peuvent être rattachés de manière certaine à une autre maladie. Le vétérinaire ou la direction départementale de la protection des populations (DDPPDirection départementale de la protection des populations) doit être consulté en cas de doute : ils placeront cet animal sous surveillance pour voir son évolution et conduiront une enquête épidémiologique pour déterminer les risques de contamination éventuelles.

Que faire devant un animal mordeur ?

Tout animal ayant mordu ou griffé une personne, même sans être explicitement suspect de rage, est soumis à une surveillance vétérinaire pendant 15 jours pour estimer le risque de contamination. Trois visites sont obligatoires après un événement potentiellement contaminant : à 24h, à 7 jours et à 15 jours (ou 1 mois pour animaux sauvages).

En cas de non présentation de l’animal, la police peut intervenir auprès du propriétaire.

Quelle est la législation sanitaire en matière de rage ?

Le ministère de l’Agriculture fixe par arrêté les mesures de prophylaxie et de police sanitaire en vue de prévenir l’apparition de la rage, limiter son extension et permettre son extinction (code rural L 223-13).

Pour enrayer la propagation de la rage et s’il l’estime nécessaire, le ministère de l’agriculture peut rendre obligatoire la vaccination antirabique et réglementer la circulation, le transport et l’exposition dans les lieux publics des animaux (code rural L 223-14).

Qu’appelle-t-on « animal reconnu enragé » ?

Tout animal pour lequel un diagnostic rage a été établi par un organisme ou un laboratoire agréé soit par le ministre chargé de l’Agriculture, soit par le ministre chargé de la Santé est considéré « animal reconnu enragé ». L’article L 223-9 du code rural prévoit dans ce cas son euthanasie immédiate. Tout diagnostic ne peut être confirmé qu’après la mort de l’animal.

Qu’est-ce qu’un chien ou un chat contaminé par la rage ?

C’est un animal qui a été mordu ou griffé ou a été en contact avec un animal reconnu enragé. Toute décision concernant un animal contaminé est prise par les autorités sanitaires. Dans ce cas, à la demande du préfet concerné, il est procédé à l’euthanasie des animaux contaminés à moins qu’il ne s’agisse d’animaux valablement vaccinés (dérogation à l’abattage).

Qu’appelle-t-on « période contaminante » ?

Il s’agit de la période au cours de laquelle on estime que l’animal reconnu enragé était contaminant et a été en contact ou a mordu ou griffé un autre animal ou une personne. Cette période doit permettre de tenir compte de la virulence présymptomatique de la salive chez les animaux enragés à l’origine de la contamination.

- Si l’animal reconnu enragé est un animal domestique: la période définie commence 15 jours avant l’apparition des symptômes et finit avec la mort de l’animal.

- Si l’animal reconnu enragé est un animal sauvage, la période définie commence 30 jours avant l’apparition des symptômes et finit avec la mort de l’animal.

Quelle est la responsabilité du Maire ?

Il doit prendre toute disposition propre à empêcher la diffusion de la maladie et peut prescrire des mesures concernant :
- la divagation chiens et chat ; obligation de tenir les chiens en laisse et de les museler, chats tenus enfermés ou transportés dans des paniers fermés, mise en fourrière des chiens et des chats errants...
- l’abattage des animaux suspects ou présentant un danger pour les personnes ou encore lorsque les circonstances locales ne permettent pas la mise en œuvre effective et immédiate des mesures de surveillance.

Pour en savoir, consultez :

> Le dépliant

> L’affiche

> Le clip du ministère

> Le réseau Storify du ministère

> Le site du ministère de l’agriculture