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Le préfet réunit l'ensemble des acteurs pour agir sur l'état de la ressource

 
 
Le préfet réunit l'ensemble des acteurs pour agir sur l'état de la ressource

Michel Lalande, préfet de la région Hauts-de-France, préfet du nord, a présidé ce mardi 9 avril une réunion de travail autour de l’alerte sécheresse dans le département du Nord dans les locaux de la préfecture. Les producteurs d'eau, les représentants des agriculteurs, des irrigants, des défenseurs de l'environnement et des consommateurs étaient présents de même que les institutions en charge de la préservation de la ressource telles que l'agence de l'Eau, le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et les voies navigables de France (VNF). A cette occasion, le préfet était entouré des représentants des services de l’État concernés et notamment la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM),  la direction régionale d'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DRAAFdirection régionale de l'alimentation de l'agriculture et de la forêt) et l'Agence régionale de santé (ARS).

Cette réunion a été l'occasion de faire un point sur l’état général de la ressource en eau puis de faire valoir le point de vue des producteurs sur les enjeux de la préservation de la ressource. Le BRGM et l'Agence de l'eau ont présenté les éléments de compréhension techniques du phénomène avant que le préfet ne signe l'arrêté visant à instaurer des mesures de restrictions de la consommation d'eau.

Depuis 2017, la recharge des nappes phréatiques est déficitaire sur le département du Nord. Le mois de février 2019 particulièrement chaud et sec a conduit à la prise de mesures restrictives de la consommation d'eau jusqu'au 30 juin. Plus d'informations sur les mesures : ici (http://www.nord.gouv.fr/Actualites/Secheresse-le-prefet-du-Nord-limite-les-consommations-en-eau ). Retour sur l'origine du phénomène.

Point sur l'état général de la ressource en eau dans le département

Le phénomène d'infiltration et donc de recharge des nappes phréatiques se produit d'octobre à avril lorsque les sols sont moins couverts. Or, le mois de février a limité l'espoir de retrouver un niveau de recharge acceptable. Malgré les pluies prochaines, l'eau sera prioritairement utile à la végétation naissante et ne contribuera que très peu à l'augmentation du niveau des eaux souterraines.

Dans le Valenciennois, les experts constatent des niveaux de 2 mètres inférieurs au niveau médian. Un cours d'eau est déjà asséché dans le Cambrésis.

Les causes sont nombreuses :

- les précipitations sont de 12 à 29% inférieures cette année ;

- les températures ont augmenté d'1,4 degré en moyenne.

Les prévisions sont quant à elles préoccupantes, avec une hausse entre +1°C et +5°C en 2100, une augmentation de 26cm à 82cm du niveau de la mer, une augmentation du nombre de phénomènes extrêmes qui ne permettront pas de recharger les nappes phréatiques et la baisse des débits des cours d'eau de 30% en moyenne.

Les acteurs de l'eau donnent l'alerte

Les opérateurs d'eau (sourcéo, noréade, suez et véolia) font tous le même constat : la population doit prendre conscience de la nécessité de préserver la ressource car, paradoxalement, en situation de pénurie, la consommation augmente en moyenne de 2%.

Ils ont fait part de nombreux secteurs en tension qu'ils corrigent grâce à des interconnexions entre zones d'approvisionnement. Néanmoins, cette méthode n'est pas durable. L'eau se trouvera de plus en plus profondément dans les nappes et sera de plus en plus polluée par le nickel ou autre métal. L'enjeu est donc également qualitatif.

Des solutions innovantes existent pour préserver l'eau : réutiliser les eaux usées, lutter contre les fuites d'eau sur les réseaux ou encore promouvoir les nouvelles pratiques agricoles. C'est le rôle de l'agence de l'eau qui finance ces projets à hauteur de 100 millions d'euros dans le cadre de son 11e programme d'investissement.

Cette dernière a également précisé que la baisse du débit des cours d'eau pourra avoir un impact écologique fort en favorisant le développement d'algues toxiques par exemple. VNF a, quant à elle, mis l'accent sur les conséquences économiques et environnementales du manque d'eau. En effet, en cas de limitation du transport fluvial, les alternatives utilisées seront en majorité routières avec un impact considérable sur la qualité de l'air. Le consommateur est également concerné car de la bonne qualité de l'eau dépendra la bonne qualité des productions agricoles.

Nord nature environnement a enfin tiré la sonnette d'alarme sur les usages excessifs de l'eau potable quand la potabilité n'est pas requise notamment lors des lavages de voitures.

Le préfet a par conséquent signé un arrêté de placement en vigilance sécheresse du département. Cet acte implique des restrictions des usages de l'eau jusqu'au 30 juin. Il fera l'objet d'une réévaluation lors d'une prochaine réunion.